Bioéthanol, GPL, Biodiesel: ce qu’il faut savoir des carburants alternatifs

Bioéthanol, GPL, Biodiesel: ce qu’il faut savoir des carburants alternatifs

L’explosion des prix à la pompe n’a échappé à personne : avec des tarifs en constante augmentation, la question d’utiliser une alternative plus écologique et économique se pose chaque jour. Autrefois marginaux les carburants comme le Bioéthanol ou le Gaz de Ville trouvent de plus en plus d’adeptes.

Alors, solutions viables ou source de problèmes mécaniques, que valent réellement ces prometteuses alternatives ?

 

I/ Etat des lieux des carburants alternatifs disponibles sur le marché français

GPL, GNV, Biodiesel, Bioéthanol: la France brille par sa diversité d’alternatives aux classiques carburants diesel et sans plomb. Bien qu’encore (trop) rarement distribués, ou même simplement méconnus du grand public, certains carburants comme le Bioéthanol commencent à trouver leur place sur le marché. Distribué dans près d’une station-service sur quatre, le Bioéthanol est probablement le carburant alternatif le plus connu, mais aussi le plus utilisé par les usagers de la route. Mais, le connaissez-vous vraiment ?

 

1/ Le Superéthanol-E85

Si vous roulez à l’essence sans-plomb alors vous roulez sans doute sans le savoir à l’éthanol ! Issu de la fermentation des sucres et de l’amidon contenus dans les betteraves sucrières et céréales, l’éthanol est présent dans tous les carburants sans-plomb (allant de 7,5% pour le SP95 à 15% pour le SP95E10). Il représente jusqu’à 85% de la composition du Superéthanol, d’où son nom “E85”.

Pour l’utiliser, votre véhicule doit être conçu pour cela dès l’usine par le constructeur. Toutefois, de nombreux véhicules qui n’étaient pas prévus pour rouler au Superéthanol peuvent être rendus compatibles grâce à l’ajout d’un boitier flex-fuel. On estime aujourd’hui que tous les véhicules essence mis en circulation à partir du 1er Janvier 2000 sont compatibles avec le boitier flexfuel. Toutefois, quelque exceptions existent. Pour plus d’informations, rendez-vous ici.

Le boitier flex-fuel est un kit permettant une conversion sûre de votre moteur à l’éthanol. En effet, si rouler sans boitier peut vous tenter, ce n’est pas sans risques. La très grande majorité des véhicules essence produits après 2000 sont théoriquement compatibles à l’éthanol. Le boitier permet de gérer l’injection supplémentaire nécessaire au bon fonctionnement du moteur. Ainsi le boitier permet de rouler sans risque d’abimer les injecteurs, les bougies, et, sur les moteurs à carburateurs, les carburateurs et le circuit d’alimentation.

Compte-tenu de l’économie à la pompe choisir l’installation d’un boitier flexfuel sur son véhicule peut donc s’avérer judicieux. Notez par ailleurs qu’il n’entraine aucune modification irréversible du moteur et permet toujours de rouler aux carburants “traditionnels”.

 

2/ Le Gaz de Pétrole Liquéfié (GPL)

Autre carburant alternatif en plein essor, le GPL jouît aujourd’hui d’un réseau de près de 1700 distributeurs dans l’hexagone. Tout comme le superéthanol, le GPL est plus écologique, et surtout plus économique. Cependant, attention: tout comme pour le superéthanol, tous les véhicules ne sont pas compatibles avec ce carburant.

Si aujourd’hui beaucoup de véhicules sont directement conçus pour fonctionner au GPL, la conversion sur un véhicule essence n’est pas impossible. La plupart des véhicules essence peuvent tolérer ce carburant grâce à la bi-carburation. Le véhicule conserve effectivement son système essence (d’où l’appellation “bi-carburant”), et se voit simplement greffer un “kit GPL“.

Ce kit comprend notamment:

  • Un réservoir GPL équipé d’une soupape de secours, généralement installé dans le coffre à la place de la roue de secours
  • De nouvelles canalisations et des électrovannes et injecteurs sur le collecteur d’admission
  • Un calculateur reprenant les informations du calculateur d’origine et y ajoutant celles nécessaires au fonctionnement du GPL sur votre moteur
  • Un commutateur, permettant de switcher entre l’essence et le GPL

Niveau budget, il faut compter 3000€ pour équiper un véhicule 4 cylindres, et jusqu’à 5000€ pour un moteur 8 cylindres. Mais, avec un prix de vente au litre sous les 1€, cette opération peut vite être rentabilisée chez les gros rouleurs.

 

3/ Le Gaz Naturel pour Véhicules (GNV)

3ème alternative de notre liste, le Gaz Naturel fait son arrivée timide en France. Fonctionnant sur un principe proche du GPL, le GNV n’est rien d’autre que le même gaz utilisé pour chauffer les cuisines et pour le chauffage domestique, sous pression. Stocké sous forme gazeuse, le GNV présente notamment l’avantage d’être plus sûr, permettant, contrairement au GPL, de se garer dans les parkings souterrains.

En Europe, quelque constructeurs comme Seat, Fiat, Opel, Dacia, Renault, Skoda et Volkswagen proposent dans leurs gammes des véhicules équipés pour rouler au GNV ou à l’essence.

Toutefois, une adaptation d’un véhicule essence pour rouler au GNV peut-être envisagée, mais elle aura un coût. Etant donné l’état du GNV, qui est gazeux et non liquide, les modifications sur un véhicule essence sont plus importantes :

  • Tout comme pour le GPL, un réservoir additionnel est nécessaire pour rouler au GNV, avec une soupape de sécurité et une jauge additionnelle
  • Un vapodétenteur, dont la mission sera de convertir la pression stockée dans le réservoir pour alimenter le moteur
  • Différentes électrovannes et de nouveaux injecteurs
  • Un calculateur permettant de gérer la bi-carburation
  • Un régulateur de richesse couplé à la sonde lambda
  • Un sélecteur permettant de rouler à l’essence ou au GNV

 

II/ Quels carburants alternatifs pour demain : les algues ?

 

Si aujourd’hui différentes alternatives sont disponibles sur le marché, d’actives recherches sont effectuées afin de trouver des alternatives viables aux carburants traditionnels. Et, si le superéthanol, le GPL, le GNV, ou d’autres carburants moins accessibles pour les particulier français comme le Gazole B100 ou l’ED95 s’annoncent prometteurs, des scientifiques ont récemment mis au point de nouvelles alternatives, plus écologiques. Ainsi, demain roulerons-nous peut-être grâce aux algues ! c’est l’ambitieuse promesse des projets d’algocarburants.

Constituant la 3ème génération de biocarburant, ce carburant serait capable de remplacer les très controversés Biodiesel, obtenus à partir d’huiles végétales. Riches en énergies, ses rejets de CO2 se limite à celui absorbé par l’algue elle même durant sa photosynthèse. Autre point attrayant, les algues sont faciles à produire et leurs impact environnemental est nettement réduit, tant dans sa culture qu’en cas de déversement involontaire dans les océans. Mais ces projets ont également des détracteurs : en cause la quantité d’eau et surtout de phosphore nécessaires à leur production, et leur faible rendement. Le carburant de l’avenir n’est donc sans doute pas encore trouvé !

A lire/voir  pour vous documenter et vous faire une opinion sur ces sujets :  Les micro-algues essence du futur ?, Techniques de l’ingénieur, article sur les algocarburants et bien sûr Wikipedia.

Conclusion : Il faudra certainement encore quelques dizaines d’années pour convertir le parc de véhicules thermiques en parc plus “vert” ou roulant aux énergies autres que fossiles. Il est difficile de se projeter tant qu’un modèle alternatif n’émerge pas plus franchement. SI vous souhaitez en savoir plus sur les véhicules électriques, nous vous invitons à lire les autres articles de notre blog consacrés à ce sujet (acheter un véhicule électrique d’occasion par exemple).

Vous pouvez trouver régulièrement des véhicules d’occasion aux enchères déjà équipés pour rouler au GPL, au GNV ou à l’éthanol en consultant nos ventes.